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Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi un plan d’aide à la presse. Les mesures proposées par le chef de l’Etat sont largement issues d’un Livre vert qui lui a été remis suite aux États Généraux de la presse. Les professionnels semblent accueillir favorablement ce plan tout en étant satisfait de la méthode de concertation utilisée.
L’Etat popose ainsi un plan d’aide sur 3 ans pour moderniser et investir dans la presse. La mesure phare annoncée est l’abonnement gratuit pour chaque jeune de 18 ans pendant un an. Le journal sera à la charge de l’éditeur tandis le transport sera payé par l’Etat.
Ensuite, Nicolas Sarkozy souhaite une réduction des coûts d’impression de 30% à 40%. L’Etat fournirait une aide à l’investissement à condition qu’”un plan national de rationalisation et de mutualisation des imprimeries soit mis en oeuvre”.
Il a également annoncé un développement du portage de la presse papier avec notamment une augmentation de 62 millions d’aide directe au portage et une baisse des charges sur les salaires. Le Président estime que cela pourra créer 18 000 emplois en France.
L’un des aspects importants du problème de la presse est la sous capitalisation des journaux papier. Sur ce point, le Président a annoncé des mesures pour augmenter les flux d’investissement. Il souhaite une augmentation du mécénat et lever le seuil de 20% de capital pour un investisseur non communautaire dans une entreprise de presse.
Et un doublement des dépenses de communication institutionnelle à destination de la presse écrite et numérique. Il a aussi annoncé la création d’un statut d’éditeur en ligne pour donner à la presse numérique un statut aligné sur celui de la presse écrite.
Ce plan d’aide à la presse écrite me paraît être un premier pas intéressant pour sauver un secteur en grande difficulté. La presse est indispensable à notre Démocratie et il me semble que l’écrit est à ce titre encore plus précieux. Certaines mesures annoncées par le Président de la République sont très bonnes parce qu’elles vont dans le sens de l’investissement et du changement des mentalités. Je suis à l’inverse tout à fait défavorable aux trop nombreuses subventions accordées à ce secteur. A terme, nous devons parvenir à réformer ce secteur pour qu’il soit indépendant et qu’il génère des profits. Mettre la presse écrite sous perfusion n’est pas la solution et surtout pas le doublement des dépenses de communication institutionnelle.
La jeunesse lit moins qu’avant et il faut modifier leur manière d’appréhender les mots et l’information. Céder à la fatalité serait de laisser penser que la radio, puis la télé puis internet sont les responsables d’une disparition de la lecture. Je crois ce serait une erreur et que ce n’est pas la vérité. Aujourd’hui, les parents doivent redonner aux enfants le goût de la lecture et les professeurs doivent redonner la priorité aux oeuvres littéraires comme base de l’instruction.
Ensuite, les lycées et les universités devraient mettre en valeur la presse écrite quotidienne. Ces établissements pourraient accueillir des kiosques ou alors offrir des journaux à leurs élèves et étudiants. Certains vont me rétorquer qu’il y a des titres dans les CDI et les bibliothèques universitaires. Allez regarder l’état des présentoirs à journaux dans ces lieux : peu de titres, absence de journaux du jour même, peu de choix…
Si la presse veut trouver de nouveaux lecteurs, elle devra aussi baisser ces prix. Le Monde coûte 1,30€ par jour, c’est beaucoup trop cher pour avoir accès à l’information. C’est en ce sens que les propositions de Nicolas Sarkozy vont dans le bon sens si elles parviennent à terme à proposer une diminution des tarifs.
Ensuite, c’est à la presse de proposer une offre différente et complémentaire par rapport à l’information numérique. Laisser à internet la réactivité et la participation, assumer la réflexion, le débat et les analyses dans la presse écrite.
Enfin, je pense que le Présient de la République devrait reprendre son idée d’assouplir les règles anti-concentration. Car, cela empêche la constitution de grands groupes de presse et laisse nos grands titres dans des situations archaiques. Mais il ne faut pas oublier que le problème de la presse n’est pas français, il est mondial… même si nous avons en France des structures particulièrement archaiques.


