La rentrée politique semble être déjà assombrie par les prévisions économiques mondiales et françaises. La croissance française pour le second semestre aurait reculée de 0,3%. C’est une très mauvaise nouvelle dans un contexte économique mondial difficile. Nous ne pourrons parler de récession que lorsque nous aurons deux semestres successifs de croissance négative mais elle est à notre porte.

Le gouvernement annoncerait ainsi une révision à la baisse de ses prévisions de croissance à 1% pour l’année 2008. Le Premier Ministre a organisé une pseudo réunion de crise lundi, sans annoncer de mesures nouvelles, ce qui est une faute de communication.

Les socialistes ont trouvé le coupable à la mauvaise santé économique : la loi sur le travail et le pouvoir d’achat caricaturée sous le nom de “paquet fiscal”. La réalité est bien sur plus complexe, tant sur la vision de l’économie que sur le contenu de la loi TEPA.

Tout d’abord, la “crise” est mondiale et elle dépasse donc les frontières de l’hexagone. Ainsi, des mesures européennes seraient à souhaiter pour aider à retrouver le chemin de la croissance. Deux économistes de Natixis ont rédigé un rapport où ils identifient les principales causes de l’affaiblissement de la croissance. (Sylvain Broyer et Cédric Thellier « Affaiblissement de la croissance en zone euro : quel est le poids des différents chocs subis ? » (« Flash » no 335)).

Il y a bien entendu la crise du financement de l’immobilier aux Etats Unis, la remontée des taux d’intérêt par la Banque Centrale Européenne ( plus de 2% entre fin 2005 et mi-2008), la baisse de la croissance mondiale, la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar et la flambée des matières premières.

Pour les deux économistes, le vrai coupable est l’appréciation des matières premières qui compterait pour la moitié du ralentissement économique, la crise financière pour un quart et le dernier quart de responsabilité serait partagé par la BCE et l’euro.

Cette mauvaise conjoncture mondiale ne doit pas faire oublier que la France a un problème bien particulier. Au premier semestre 2008, la croissance française est limitée à 0,1% contre 0,5% dans la zone euro et 0,8% en Allemagne (Jean Marc Vittori éditorialiste des échos). Car notre pays a un modèle économique et social qui ne fonctionne plus. Mauvais résultats pour le commerce extérieur, de même pour l’innovation, aucune marge de manœuvre en ce qui concerne les finances publiques et une productivité qui ne progresse pas.

La meilleure optique pour le gouvernement est d’amplifier et de persévérer dans les réformes pour créer les conditions d’un retour durable à la croissance.