
Si vous cherchez la définition du mot “cacophonie”, ne cherchez pas dans le dictionnaire mais regardez ce qu’il se passe au gouvernement. Je suis un peu gêné par les polémiques autour de la carte famille nombreuse. Je parle de “polémiques” au pluriel car comme il y a eu plusieurs annonces sur le même sujet au sein du même gouvernement, il y a eu plusieurs réactions.
Tout d’abord, Dominique Bussereau, Secrétaire d’État aux transports dit que la carte famille nombreuse va “certainement disparaitre” au profit d’un autre dispositif non financé par l’Etat. Et à partir de là, rien ne va plus. Nadine Morano dément et dit qu’elle veut au contraire la développer. Jean-François Copé parle de conditions de ressources. Puis aujourd’hui, la présidence de la République annonce un maintien de la carte famille nombreuse, que l’Etat va continuer à la financer mais grâce aux dividendes de la SNCF et qu’il va même l’étendre aux familles monoparentales.
Quand il y a des décisions prises par ce gouvernement, il n’est pas évident de suivre. Il serait intéressant que les Ministres se consultent avant de faire des annonces. Et il serait peut-être utile de leur rappeler qu’ils font partie du même gouvernement et qu’ils sont censés parler d’une seule voix en public.
Au sujet de la carte famille nombreuse, le débat n’était cependant pas nul. En effet, nous sommes en droit de nous demander si l’État doit financer ce tarif spécial? Est ce que la politique familiale de la France ne doit pas être repensée? Est ce qu’il faut accorder ces cartes sous conditions de ressources?
Je pense qu’aujourd’hui, une politique familiale digne de ce nom, c’est d’avoir un environnement économique et social synonyme d’espoir. Je crois que lorsque l’on veut des enfants, on pense avant à cet environnement. Je crois que la carte famille nombreuse est une excellent tarif parce qu’elle permet à des familles de pouvoir partir en vacances et parce qu’elle permet au train d’être moins cher que la voiture. C’est aussi une question de sécurité et d’écologie. Mais je crois que ce n’est pas forcément à l’État de la prendre en charge. La SNCF est une entreprise publique où la notion de service publique doit être bien présente dans sa politique. Nos impôts servent à financer les lignes TGV qu’elle exploite. En retour, j’aimerais qu’elle finance des tarifs sociaux ou spéciaux, peut importe leur nom du moment qu’elle apporte une aide aux familles.



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