
Le Président de la République a tiré les leçons de la défaite de notre camp aux élections municipales. Car, et il serait malhonnête de dire le contraire, l’UMP a été sanctionnée lors de ces scrutins. Les Français ont profité des élections à caractère local pour protester contre des dysfonctionnements nationaux. Il y a eu des protestations par le vote à gauche, il y a eu de la résignation par le choix de l’abstention. Ces deux facteurs ont donc été pour nous une défaite, il faut l’assumer, en tirer les conséquences et continuer.
Les résultats de ces élections ne seront pas sans conséquences. De nombreux exécutifs locaux ont basculés à gauche, ouvrant la voie à de mauvaises nouvelles pour nous tous. Nous nous souvenons des augmentations d’impôt énormes décidées par les Présidents de régions socialistes. Le même schéma ne manquera pas de se reproduire dans les conseils généraux et municipaux.
Nicolas Sarkozy a tiré les leçons politiques de ces élections locales. Et son interprétation de la défaite me semble honnête juste. Le gouvernement a été faiblement remanié, avec quelques secrétaires d’Etat à la marge ; le Président de la République a compris que les Français n’ont pas désavoué le gouvernement. Les Français ont désavoué leur Président de la République, la trop grande place de sa vie personnelle dans sa communication, le manque de professionnalisme dans son mandat, la sensation d’une non réalisation des promesses de campagne, le sentiment d’une imprécision dans sa manière de gouverner : tout en vitesse, à chaud, sans le temps de proposer avec cohérence et retenue.
C’est donc l’Elysée qui a été remanié ou plutôt légèrement redessiné dans le sens de davantage de professionalisme dans la communication du Président. Le plus important changement est la suppression de la fonction de “porte parole” ou plutôt le licenciement de David Martinon et de ses points presse du jeudi. Ces changements sont plutôt de l’ordre du symbolique et concernent directement l’entourage du Président mais ils pourraient signifier beaucoup. Après avoir été un candidat professionnel, Nicolas Sarkozy a enfin compris qu’il allait devoir être un Président professionnel pour pouvoir réussir… affaire à suivre.



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