Le groupe pétrolier Total a annoncé la semaine dernière un plan de restructuration qui va concerner 550 emplois. Selon l’entreprise, il n’y aurait d’ailleurs aucun licenciement. Une immense partie de la classe politique française s’est déclarée outrée par cette annonce, en raison des bénéfices réalisés par le groupe. Ainsi, à gauche comme à droite, des voix s’élèvent pour dénoncer des suppressions d’emplois dans une entreprise qui fait des bénéfices.
Avec la crise économique, une mode tend à trouver des boucs émissaires au sein du capitalisme : les actionnaires qui détournent la valeur ajoutée par les dividendes, les patrons qui font la même chose avec leurs salaires exorbitants et leurs parachutes dorés et les entreprises qui font du profit. En période de crise plus qu’à tout autre moment, il est suicidaire de se réfugier dans les démagogie et la haine sociale.
Je ne suis pas choqué par le plan de restructuration du groupe Total, et cela même si il a réalisé en 2008 14 milliards d’euros de profits. Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après demain. Il est inutile de s’alarmer contre les mutations d’un marché et d’une économie.
J’aimerais savoir ce que souhaiteraient les critiques de ce plan de restructuration ; l’interdiction des licenciement? Que les entreprises cessent d’investir pour sauvegarder des emplois? Ce serait du suicide économique et des solutions populistes de court terme.
L’emploi est un marché et le rôle de l’Etat est double face à lui. D’une part, il doit garantir une économie saine et consacrée à la recherche et au développement. Et d’autre part, protéger le salarié et garantir la formation professionnel pour que tout individu puisse s’adapter librement au marché du travail.
La direction de Total a expliqué que la France connait une baisse structurelle de sa consommation de pétrole, que le groupe produit trop d’essence pour trop peu de gazole et que son outil de raffinage doit donc être modernisé. Ensuite, il a souligné que sur la période 2009-2011, ses investissements allaient permettre la création d’en moyenne 1000 emplois par an.
Au lieu de défendre sans cesse les idées simplistes et démagogiques, certains élus devraient passer plus de temps à être pédagogues sur le développement économique ; ce serait plus sain pour notre Démocratie politique et sociale.